Préliminaires


Atocha

T’avais pas prévu ça,
toi qui viens du désert,
d’un pays de sierras,
où s’enflamme la terre,

T’aurais jamais crû ca,
toi qui loin en arrière,
a laissé l’hacienda,
pour ces yeux de lumière,

T’aurais jamais pensé,
toi l’Andalou si fier,
qu’en lointaine contrée,
un beau matin d’hiver,

Un jeudi de mi mars,
vienne prendre ta chair,
au milieu de carcasses,
enlacées par les fers,

Et voilà que tu erres,
au milieu des débris,
cherchant de vains repères,
sans un mot, sans un cri,

Quand Madrid se Mad,
Atocha, touches pas,

Quand s’explose la Ciudad,
pas à cette Maria,

Quand la mort se ballade,
ris de tout, ris de moi,

Quand l’espoir est en rade,
mais ne la fauche pas,

Quand toute la ville saigne,
pas celle là Atocha ,

Quand les passions sont haines,
châtie qui tu voudras,

Quand la vie perd haleine,
drape ton rouge sur moi,

Quand nos prières sont vaines,
mais sa vie, laisse la…

T’en avait rien à faire,
de tous ces allumés,
qui s’explosent en colères,
sur nos dômes d’acier,

Ni de ces justiciers,
qui se parent de morale,
pour mieux s’approprier,
un or noirci de larmes,

Toi qui viens du soleil,
tu pouvais pas prévoir,
qu’en un matin pareil,
se coucherait ton soir,

Même si l’hombre est de fer,
en pays de Grenade,
quand s’éteint sa Mujer,
c’est la vie qui s’évade,

Quand Madrid se Mad,
Atocha, touches pas,

Quand s’explose la Ciudad,
pas à cette Maria,

Quand la mort se ballade,
ris de tout, ris de moi,

Quand l’espoir est en rade,
mais ne la fauche pas,

Quand toute la vie saigne,
pas celle là Atocha ,

Quand les passions sont haines,
châtie qui tu voudras,

Quand la vie perd haleine,
drape ton rouge sur moi,

Quand nos prières sont vaines,
mais sa vie laisse la…

Stéphane Prince