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Bagdad Café
Il est dix
huit heures à Bagdad,
et le muezzin crie ses sourates,
sur fond d’un soleil écarlate,
les eaux du Tigre en embuscade,
Il est dix
huit heures à Bagdad,
au fond d’un café du Bazar,
Zora la fière, les yeux hagards,
semble perdue sur son estrade,
Fille de
Nadja et de Faysal,
les yeux rougis par tant de guerres,
elle a vu succomber ses frères,
de leurs blessures collatérales,
Elle qui
au royaume de Sadam,
pensait déjà toucher l’enfer,
des libertés chauffées au fer,
jusqu’à que s’amène l’Oncle Sam,
Sur fond
de barils couleur jade,
l’or noir dans leurs viseurs opaques,
ils ont foulé la terre d’Iraq,
pour venir porter l’estocade,
Loin de leur
terre, loin de Memphis,
ils sont venus comme une harde,
prêts à mourir pour une green card,
donner leur sang en sacrifice,
Elle qui
se rêvait Shéherazade,
au bras d’un jeune prince d’Euphrate,
pour quelques dollars disparates,
se donne à ces boys en croisade,
Alors dans
son café Bagdad,
fille de Sumer, au regard pierre,
dans le royaume du Lion à terre,
Zora la fière rêve de Simbad….
Il est dix
huit heures à Bagdad
Stéphane
Prince
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