Préliminaires


Contresens

Et si ce soir, je venais te chercher,
sans un seul mot et sans prévenir,

Sans calculer, te kidnapper,
te détourner de nos routines,

Prendre ta main,
à contresens de nos vies,
et suivre l'élan de l'envie,

Pour hiberner nos certitudes,
et terrasser nos habitudes,

On partirait loin, droit devant toute,
suivant les routes, direction brumes,

Pour s’engouffrer dans une tanière,
perdue là où le Nord se perd,

Ilot - Soleil en mer d’hiver,

Chambre hors du temps,
décors opaque,

Lit bien trop grand,
qui bien sûr craque,

Volets mal affûtés qui claquent,

Et nous.

Nus sous un drap,
pour seul rempart,

Nos corps qui roulent,
nos bouches qui s’aiment,

Nos doigts qui dessinent des montagnes,

Nos dents qui mordent,
à retrouver ce goût d’épices,

dont elles ont perdu le délice,

User nos sexes jusqu’à plus soif,
feu d’artifice de nos orgasmes,

Puiser nos sens jusqu’à l'extase,
ratatiner nos corps d’audaces,

Pour qu'il ne reste, tout essoufflés,
que l'ultime et sublime tendresse,

Celle de nos âmes qui se caressent,

Que nos regards emplis d’ivresses,

Pour s'y noyer au petit jour,
en un ultime sursaut d’amour,

Et si ce soir, on partait pour

Stéphane Prince