Préliminaires


Mad Demoiselle

Une minijupe qui dit j’invite,
Un tailleur classe qui dit jamais,
Et ce foulard rouge insolite,
Histoire de soigner les effets,

Des yeux marrons qui ensorcèlent,
Tous ceux qui toisent ces rayons,
Des cheveux longs et sensuels,
Achèvent d’attiser les passions,

Elle marche seule dans les ruelles,
Regard lancé vers ses ailleurs,
Dans ces univers virtuels,
Où elle se plonge avec bonheur,

Personne encore dans ses repères,
Elle s’en répète les bienfaits,
Mais on sent bien par ses mystères,
Qu’un cœur à prendre est aux aguets,

Parfois pourtant elle s’abandonne,
Aux discours de quelques enjôleurs,
Mais jamais complètement ne donne,
La clef de son âme aux conteurs,

Et lorsqu’elle monte les enchères,
Pour voir si l’ardeur est tenace,
Le prix de sa main est si fier,
Que les intentions sont fugaces,

Dites moi tout Mad Demoiselle,
De ces couleurs qui font vos rêves,
Ne cachez rien chère Dame Oiselle,
De ces secrets que taisent vos lèvres,

Dites moi tout Mad Demoiselle,
Des espoirs qui coulent en vos veines,
Ne cachez rien chère Dame Oiselle,
De ces douleurs qui font vos peines,

Alors elle file et se consume,
Et court d’ivresses en tentations,
Elle navigue sans cesse sur l’écume,
D’une existence en émotions,

Le jour elle se bat de sa plume,
Comme on se sert d’un poing vengeur,
Le soir venu, elle part en brumes,
Et succombe aux excès trompeurs,

Avec des amis qui rallument,
Le foyer de ses vieux démons,
Elle part en piste et se parfume,
De toute la gamme des sensations,

Elle rentre tard dans ses quartiers,
Enfin rassasiée par l’outrance,
Passe des heures à rêvasser,
A reconstruire ses espérances,

Un jour il faudra qu’elle accoste,
Elle se dit qu’elle a tout son temps,
Et reste là aux avant-postes,
Chante Dylan en attendant,

Dites moi tout Mad Demoiselle,
De ces senteurs qui font vos songes
Ne cachez rien chère Dame Oiselle,
De tous ces tourments qui vous rongent,

Dites moi tout Mad Demoiselle,
De ces désirs que miment vos danses,
Ne cachez rien chère Dame Oiselle,
Et laissez moi tenter ma chance…

Stéphane Prince